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Carton rouge : combien de matchs de suspension selon la faute commise

Un carton rouge entraîne au moins un match de suspension, purgé lors de la rencontre officielle suivante. La durée réelle dépend ensuite de la faute commise : un match pour deux avertissements, trois ou davantage pour un geste violent, bien plus quand un officiel est pris à partie.

Le point rapide

  • Toute expulsion vaut un match ferme au minimum, appliqué automatiquement dès la journée suivante.
  • Un second carton jaune s'arrête là ; un rouge direct part en commission de discipline, qui peut alourdir la peine.
  • La suspension se compte en rencontres jouées, pas en semaines, et elle suit le joueur s'il change de club.

L'expulsion est la sanction la plus lourde qu'un arbitre puisse prononcer sur le terrain. Elle prive l'équipe d'un élément pour la fin de la partie, sans possibilité de le remplacer, et elle ouvre une procédure qui se poursuit après le coup de sifflet final. C'est cette seconde étape qui décide du nombre de rencontres manquées.

Un match ferme au minimum, davantage selon la faute

Le principe ne souffre pas d'exception : un joueur expulsé est automatiquement suspendu pour la rencontre officielle suivante de son équipe. La sanction prend effet de façon automatique, sans qu'aucune instance ait à se réunir, dès que l'arbitre a porté la décision sur la feuille de match. La commission intervient ensuite, et c'est elle qui dit si la peine s'arrête là ou s'étend.

Les barèmes fédéraux graduent selon la gravité du geste. Les repères ci-dessous correspondent aux fourchettes couramment retenues en France, l'instance compétente modulant en fonction du rapport de l'arbitre, du contexte et des antécédents.

Motif de l'expulsion Suspension de référence
Deux cartons jaunes dans la partie1 match ferme
Anéantir une occasion de but manifeste1 match ferme
Propos blessants, injurieux et/ou grossiers1 à 3 rencontres
Faute grossière1 à 3 rencontres
Comportement violent, geste porté3 rencontres et au-delà
Crachat sur une personne3 rencontres et au-delà
Voie de fait sur un officielPlusieurs mois à plusieurs années

Ces fourchettes sont des repères, pas un tarif. Le barème applicable est celui de l'épreuve concernée : la Fédération française de football pour les compétitions nationales et le foot amateur, la Ligue de football professionnel pour la Ligue 1 et la Ligue 2, l'UEFA pour la Ligue des champions, la Ligue Europa et la Conference League, dont la phase de ligue applique les mêmes principes. Ces textes étant révisés périodiquement, la valeur exacte se vérifie dans le barème disciplinaire en vigueur, publié par la Fédération française de football.

Deux cartons jaunes ou rouge direct : la différence change tout

Les deux situations se ressemblent sur la pelouse, puisque le joueur est exclu et quitte le terrain dans les deux cas. Elles n'ont pourtant presque rien en commun sur le plan disciplinaire, et c'est la confusion la plus répandue chez les supporters.

Le second carton jaune est une sanction fermée. L'arbitre le montre, sort le rouge, et l'affaire s'arrête là : un match de suspension, sans examen ultérieur. Le fautif connaît sa peine en sortant du terrain.

Le carton rouge direct fonctionne autrement. Il déclenche la même indisponibilité automatique d'une journée, mais l'arbitre rédige un rapport que la commission examine. Celle-ci peut confirmer, étendre à trois rencontres ou davantage, assortir la peine d'un sursis, ou prononcer une suspension exprimée en durée plutôt qu'en nombre de matchs. Un footballeur exclu pour un tacle appuyé et un autre pour des gestes violents sortent tous deux avec un carton rouge, et leurs saisons ne se ressemblent pas.

Précision qui compte depuis la généralisation de l'assistance vidéo : une exclusion peut être annulée avant la fin de la partie si l'arbitre revient sur sa décision après visionnage. Nous détaillons ce mécanisme dans notre article sur la règle du hors-jeu et son arbitrage par la vidéo, où l'image intervient selon la même logique de correction de l'erreur manifeste.

Les sept infractions qui valent une expulsion

La Loi 12 des Lois du Jeu, éditées par l'International Football Association Board, énumère limitativement les motifs. Aucun autre comportement ne peut justifier un carton rouge, ce qui explique que le geste soit traité de façon identique en Ligue 1 et en division de district.

  • La faute grossière, faute grave par nature, c'est-à-dire un duel mettant en danger l'intégrité physique de l'adversaire.
  • Le comportement violent, soit des gestes violents ou un coup de pied porté hors d'une action de jeu, y compris envers un partenaire ou un spectateur.
  • Le fait de cracher sur une personne.
  • Le fait d'empêcher un but ou d'anéantir une occasion de but manifeste en touchant délibérément le ballon de la main.
  • Le fait d'anéantir une occasion de but manifeste par une infraction commise sur un adversaire lancé vers la cage.
  • Le joueur qui tient des propos ou fait des gestes blessants, injurieux et/ou grossiers.
  • Le second carton jaune reçu au cours de la partie.

L'occasion de but manifeste et la fin de la triple peine

Le cinquième motif a été assoupli en 2016, et cette évolution reste mal connue. Auparavant, un défenseur fautif dans sa surface sur un attaquant lancé cumulait trois sanctions : le penalty, l'expulsion et la suspension. Depuis, si l'intervention résulte d'une tentative sincère de jouer le ballon, l'arbitre accorde le penalty et se limite à un carton jaune. L'exclusion reste acquise lorsque le défenseur retient, pousse ou tire son adversaire sans chercher le ballon.

Le cas du gardien mérite d'être isolé, puisqu'il est le seul autorisé à se servir de ses mains, mais dans sa seule surface de réparation. Une main volontaire au-delà de cette limite pour arrêter une action dangereuse l'expose au rouge comme n'importe quel défenseur. Ses prérogatives et leurs limites sont détaillées dans les règles propres au gardien de but.

Qui fixe la durée : la commission de discipline

La commission de discipline est l'organe qui transforme une exclusion en nombre de matchs. Elle se réunit selon un calendrier propre à chaque instance, généralement dans la semaine qui suit, et arrête la sanction disciplinaire sur la base du rapport de l'arbitre, des observations du club et parfois des images.

Sa décision est susceptible d'appel, dans un délai bref, devant une commission supérieure. Le recours ne suspend pas toujours l'exécution : un joueur peut donc purger une partie de sa peine avant que l'appel ne soit tranché. C'est pourquoi un club conteste rarement une sanction d'une journée, la procédure durant plus longtemps qu'elle.

Reste à distinguer le ferme du sursis. Une peine assortie du sursis n'est pas exécutée immédiatement, mais elle est réactivée si l'intéressé commet une nouvelle infraction pendant la période probatoire fixée par l'instance.

Purger sa suspension : quand, où, contre qui

Une suspension se compte en rencontres effectivement disputées par l'équipe, et non en semaines écoulées. Une journée reportée ne fait donc rien passer : l'intéressé demeure indisponible jusqu'à ce que le nombre prévu ait réellement été joué. Les calendriers chargés créent souvent des malentendus sur ce point.

L'épreuve compte tout autant que le nombre. Selon la décision prononcée, l'indisponibilité s'applique à la seule compétition dans laquelle le carton a été reçu, ou à toutes les rencontres officielles. Un joueur expulsé en Coupe de France peut ainsi rester disponible pour la journée de championnat qui suit, tandis qu'une peine prononcée toutes épreuves confondues le prive de la première échéance venue. Le texte de l'épreuve le précise, et c'est lui qui tranche.

La sanction suit le joueur, pas le club

Un transfert n'efface pas une suspension en cours. Celui qui rejoint un nouveau club emporte le reliquat de sa peine et le purge sous ses nouvelles couleurs, y compris lorsque le transfert lui fait changer de championnat ou de pays. Le code de discipline de la FIFA assure la transmission de ces décisions entre les associations de football nationales, jusqu'à la Coupe du monde, précisément pour éviter qu'un changement d'employeur ne serve à échapper à une mesure disciplinaire.

Le compteur des cartons jaunes est un mécanisme distinct

L'accumulation de cartons jaunes sur une saison entraîne elle aussi des suspensions, mais par une voie séparée. Chaque épreuve fixe les seuils à partir desquels un total d'avertissements se transforme en journée d'indisponibilité, et ce compteur se remet à zéro selon des modalités propres à son règlement. Un joueur peut donc manquer une affiche sans avoir jamais été expulsé, par simple cumul de cartons jaunes sur l'exercice. Ne pas confondre les deux mécanismes évite bien des erreurs de lecture d'un classement disciplinaire.

Le banc de touche relève des mêmes règles

Depuis la saison 2019-2020, les officiels d'équipe peuvent recevoir des cartons au même titre que les joueurs. L'entraîneur ou un membre du staff expulsé doit quitter la surface technique et ses abords, et il est privé de banc lors de la journée suivante. Un remplaçant peut lui aussi être sanctionné sans avoir joué la moindre minute. Dans tous les cas, l'intéressé doit quitter le terrain et ses abords : il ne peut ni rester sur le banc, ni assister à la partie depuis la zone réservée à son équipe.

Un carton rouge est-il toujours suivi d'une suspension ?
Oui. L'expulsion entraîne au minimum une journée d'indisponibilité, appliquée automatiquement. Seule une annulation de la décision arbitrale, par la vidéo pendant la partie ou par la commission ensuite, peut l'effacer.
Un joueur expulsé peut-il être remplacé ?
Non. L'équipe termine à onze contre dix. C'est ce qui rend l'expulsion doublement coûteuse : elle pèse sur la partie en cours et sur les suivantes.
Une suspension peut-elle être annulée après coup ?
Le club peut la contester devant la commission d'appel, dans un délai bref. L'erreur matérielle de l'arbitre, par exemple une confusion d'identité entre deux joueurs, est le motif le plus solide. Une simple divergence d'appréciation sur la gravité aboutit rarement.
Un carton rouge en fin de saison se reporte-t-il sur la suivante ?
Oui, le reliquat non purgé est reporté sur les premières rencontres officielles de l'exercice suivant. Une expulsion lors de l'ultime journée n'est donc pas sans conséquence.
Existe-t-il d'autres couleurs de carton ?
Les Lois du Jeu n'en reconnaissent que deux, le jaune et le rouge. D'autres couleurs ont été expérimentées ou évoquées hors de ce cadre, comme le carton blanc utilisé au Portugal pour saluer un beau geste, le carton noir des premiers règlements, ou le projet de carton bleu associé à une exclusion temporaire. Aucune ne fait partie du règlement international.

Comprendre ces règles, c'est aussi mieux lire les décisions contestées le dimanche soir. Beaucoup de polémiques portent en réalité sur la qualification du geste, pas sur la peine qui en découle : une fois le motif retenu, la suite est largement mécanique. Le raisonnement vaut pour les autres points de règle, à commencer par la règle du hors-jeu, dont l'interprétation nourrit autant de débats. L'ensemble de nos analyses est regroupé dans la rubrique football.

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