Les règles propres au gardien de but, de la passe en retrait aux 8 secondes
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Au foot, depuis juillet 2025, un gardien de but qui garde le ballon plus de 8 secondes entre ses mains concède un corner. Les règles du gardien de but font de lui le seul joueur de l'équipe autorisé à ramasser le ballon à la main, dans sa surface et sous conditions précises.
Quatre repères tirés des Lois du jeu
- La surface de réparation
- Seule zone où le gardien saisit le ballon ; au-delà, il redevient un joueur de champ soumis à la faute de main.
- Les 8 secondes
- Délai maximal pour relâcher un ballon tenu ; le dépassement donne un corner à l'équipe adverse.
- La passe en retrait
- Une passe volontaire du pied ou une rentrée de touche d'un partenaire ne se capte pas : coup franc indirect.
- Le penalty
- Au moment de la frappe, un pied au moins touche la ligne de but ou se trouve à sa hauteur.
Quelles sont les règles du gardien de but dans les Lois du jeu ?
Les règles du gardien de but ne forment pas un chapitre isolé : l'International Football Association Board (IFAB), l'instance qui rédige les 17 Lois du jeu du football, les répartit entre plusieurs textes. La loi 3 impose à chaque équipe d'aligner un gardien parmi ses onze joueurs. La loi 4 exige qu'il porte une tenue d'une couleur différente de celle des autres joueurs et des arbitres, pour que chacun identifie d'un coup d'œil celui qui a le droit de se servir de ses mains. La loi 12 fixe ce qu'il peut faire du ballon et les infractions qui ne concernent que lui. La loi 14 encadre sa position au penalty, la loi 16 le coup de pied de but.
La Fédération française de football reprend ce texte chaque saison, du haut niveau aux championnats de district, avec des adaptations pour les formats réduits des catégories de jeunes. L'IFAB révise les lois une fois par an, en général au printemps, pour une entrée en vigueur au 1er juillet. Les modifications qui touchent le poste de gardien répondent presque toujours à un problème identifié sur le terrain de jeu : perte de temps, antijeu, tirs au but devenus illisibles. Pour replacer ces évolutions dans l'actualité des clubs, les analyses football, portraits et transferts du site suivent la façon dont les gardiens de Ligue 1 et d'Europe s'adaptent.
Un joueur de champ peut-il remplacer le gardien en cours de match ?
Un joueur de champ peut échanger son rôle avec le gardien de but à deux conditions posées par la loi 3 : l'arbitre en est informé, et l'échange intervient pendant un arrêt de jeu. Si les deux coéquipiers inversent leurs rôles sans prévenir, l'arbitre laisse le jeu se poursuivre puis adresse un carton jaune à chacun au prochain arrêt. Le cas se présente surtout quand le gardien titulaire se blesse alors que l'équipe a épuisé ses remplacements : un défenseur enfile alors les gants et un maillot de gardien d'une couleur distincte.
Où le gardien de but peut-il toucher le ballon avec les mains ?
Le gardien de but ne peut jouer le ballon des mains qu'à l'intérieur de sa propre surface de réparation, ce rectangle qui s'étend à 16,50 mètres de la ligne de but. Les lignes font partie de la surface, et c'est la position du ballon au moment du contact qui compte, pas celle des pieds du gardien. Un gardien qui plonge depuis l'intérieur et capte un ballon situé hors de la ligne commet donc une faute ; à l'inverse, un ballon saisi sur la ligne reste régulier.
Hors de sa surface, le gardien redevient un joueur comme les autres. S'il touche le ballon du bras, l'arbitre siffle un coup franc direct pour l'équipe adverse, et s'il prive ainsi l'attaquant d'une occasion de but manifeste, il reçoit un carton rouge. Dans sa surface, en revanche, aucune faute de main ne peut lui être reprochée, à l'exception des infractions propres au poste détaillées plus bas. La faute de main d'un défenseur dans la même zone obéit à une logique opposée : elle mène au penalty sifflé pour un bras du défenseur, selon des critères de position du bras et d'intention que l'arbitre apprécie.
Quand le gardien est-il considéré en possession du ballon ?
Le gardien contrôle le ballon, au sens de la loi 12, dans cinq situations : le ballon tenu entre les mains, coincé entre une main et une surface (le sol ou son propre corps), posé sur la paume ouverte et tendue, en train de rebondir au sol sous sa main ou lancé en l'air pour être repris. Dès cet instant, aucun adversaire n'a le droit de lui disputer le ballon. Une parade qui repousse la balle ne vaut pas possession : le ballon redevient libre, et le gardien peut ensuite le ramasser à la main s'il reste dans sa surface. Cette définition sert aussi de point de départ au décompte des 8 secondes.
La passe en retrait, née de la Coupe du monde 1990
La passe en retrait au gardien de but est interdite depuis 1992, date à laquelle l'IFAB a réagi au spectacle de la Coupe du monde 1990 en Italie. Pendant ce tournoi, les équipes qui menaient au score renvoyaient sans cesse le ballon à leur gardien, qui le prenait à la main, le reposait, le récupérait : un antijeu que rien ne sanctionnait. Depuis, le gardien n'a plus le droit de capter un ballon que lui transmet volontairement du pied un partenaire. En 1997, l'interdiction s'est étendue au ballon reçu directement sur une rentrée de touche jouée par un coéquipier.
La sanction prévue est un coup franc indirect à l'endroit de l'infraction. Quand elle survient dans la surface de but, le ballon se place sur la ligne de la surface de but parallèle à la ligne de but, au point le plus proche : les défenseurs se massent alors sur leur ligne, entre les poteaux, face à un tir à bout portant. La règle reste ouverte sur plusieurs points :
- une passe de la tête, de la poitrine ou du genou laisse le gardien libre de prendre le ballon ;
- un contre ou une déviation involontaire du pied d'un partenaire ne compte pas comme une passe en retrait ;
- un défenseur qui soulève le ballon du pied pour le remettre de la tête à son gardien, afin de contourner la règle, reçoit un carton jaune, et l'adversaire obtient un coup franc indirect ;
- le gardien peut toujours jouer au pied une passe en retrait, sans limite.
Cette règle a transformé le poste de gardien. Obligés de jouer la balle au pied sous la pression d'un attaquant, les gardiens ont appris à relancer, à orienter le jeu, à servir de joueur supplémentaire à la construction. Le football moderne en a tiré le profil du gardien libéro, popularisé par Manuel Neuer lors de la Coupe du monde 2014, quand le gardien de l'Allemagne multipliait les sorties loin de sa surface. La formation gardien dans les centres des clubs professionnels consacre aujourd'hui une large part des séances au jeu au pied.
Quelle est la nouvelle règle des 8 secondes ?
La nouvelle règle des 8 secondes remplace l'ancienne limite de six secondes, en vigueur depuis 2000 et presque jamais appliquée. L'IFAB, où la FIFA siège aux côtés des quatre fédérations britanniques, l'a adoptée lors de son assemblée générale du 1er mars 2025, pour une application à partir du 1er juillet 2025. Le principe de fond ne change pas : un gardien qui tient le ballon doit le remettre en jeu sans traîner. Ce qui change, c'est la durée, qui passe de six à huit secondes, et surtout la sanction.
Avec l'ancien texte, le gardien qui dépassait le délai concédait un coup franc indirect dans sa propre surface. Les arbitres hésitaient à siffler une sanction aussi lourde pour quelques secondes de retard, si bien que la règle était devenue théorique. Le nouveau texte accorde désormais un corner à l'équipe adverse, une sanction jugée plus proportionnée et donc plus facile à appliquer. Pour éviter la surprise, l'arbitre lève la main et décompte visiblement les cinq dernières secondes avec les doigts. Le décompte commence quand le gardien a le contrôle du ballon, au sens défini plus haut, et non lorsqu'il le touche après une parade.
Le but affiché par l'IFAB est double : réduire le temps de jeu effectif perdu en fin de rencontre et rendre la sanction crédible. Les joueurs de l'équipe qui mène ne peuvent plus compter sur leur gardien pour geler le jeu, et le gardien de but qui commet ce retard offre à l'attaquant une phase arrêtée dangereuse. Les supporters retrouvent ce délai dans toutes les compétitions qui appliquent les Lois du jeu, de la Premier League à la Ligue des champions.
Comment le gardien peut-il dégager le ballon ?
Le dégagement du gardien de but obéit à peu de contraintes : il peut lancer le ballon à la main, le frapper de volée ou de demi-volée, ou le poser au sol pour le jouer au pied. Aucune distance minimale n'est imposée. La seule interdiction porte sur la reprise : une fois le ballon relâché, le gardien ne peut pas le reprendre des mains avant qu'un autre joueur l'ait touché, sous peine de coup franc indirect. La relance à la main garde un intérêt tactique, car elle est précise et lance une contre-attaque en quelques secondes. Un lancer qui entre directement dans le but adverse ne compte pas : l'arbitre accorde un coup de pied de but à l'autre équipe. Un dégagement au pied, lui, peut marquer, et quelques gardiens ont déjà trompé leur homologue d'un long coup de pied rebondissant devant le but adverse.
Quelles sont les fautes du gardien de but ?
Les fautes du gardien de but se rangent en deux familles. Les premières ne concernent que lui et tiennent à l'usage des mains ; les secondes sont les fautes de tout joueur, que le gardien commet comme n'importe qui : charge imprudente, croc-en-jambe, jeu dangereux. Un gardien qui fauche un attaquant dans sa surface concède un penalty, et un geste violent lui vaut une exclusion, avec la suspension en nombre de matchs qui suit un carton rouge. Le tableau suivant rassemble les infractions propres au poste.
| Situation | Zone | Sanction |
|---|---|---|
| Garder le ballon tenu plus de 8 secondes | Surface de réparation | Corner pour l'équipe adverse |
| Reprendre des mains un ballon relâché, sans autre contact | Surface de réparation | Coup franc indirect |
| Capter une passe volontaire du pied ou une touche d'un partenaire | Surface de réparation | Coup franc indirect |
| Toucher le ballon du bras | Hors de la surface | Coup franc direct, carton rouge si occasion de but anéantie |
| Avancer avant la frappe d'un penalty | Ligne de but | Tir retiré s'il est arrêté, avertissement puis carton jaune |
Un gardien de but qui commet une infraction de main dans sa surface ne reçoit en principe aucun carton : la sanction se limite à la phase arrêtée. Le carton jaune intervient quand le geste relève de l'antijeu répété ou de la contestation, comme pour n'importe quel joueur.
Faute sur le gardien : ce qu'un attaquant n'a pas le droit de faire
La faute sur le gardien de but obéit à deux règles particulières de la loi 12. Un attaquant commet une infraction s'il empêche le gardien de relâcher le ballon tenu, par exemple en se plaçant devant lui pour bloquer son dégagement, ou s'il joue ou tente de jouer le ballon pendant que le gardien le lâche pour le frapper. Dans les deux cas, l'arbitre accorde un coup franc indirect. Tant que le gardien a le contrôle du ballon, au sens des cinq situations décrites plus haut, aucun adversaire ne peut le lui disputer, même du bout du pied.
Hors de ces cas, le gardien n'est pas intouchable. Une idée reçue tenace veut qu'il bénéficie d'une protection spéciale dans sa surface de but, le petit rectangle de 5,50 mètres. Le texte ne prévoit rien de tel : un duel aérien entre un gardien et un attaquant se juge comme n'importe quel autre, sur la charge, l'imprudence ou l'obstruction. Sur corner, l'attaquant qui se colle au gardien pour l'empêcher de sortir commet une faute s'il le retient ou le bloque sans jouer le ballon. Les arbitres tendent à siffler plus facilement en faveur du gardien, parce que celui-ci saute bras levés et ne peut pas se protéger, mais ce réflexe d'arbitrage ne figure dans aucune loi. La VAR peut revenir sur un but marqué après une faute sur le gardien, si l'erreur est manifeste.
Penalty et tirs au but : le gardien sur sa ligne
Au penalty, la loi 14 impose au gardien de but de rester sur sa ligne de but, entre les poteaux, face au tireur, sans toucher les montants, la barre transversale ni les filets, jusqu'à ce que le ballon soit frappé depuis le point de penalty, à 11 mètres. Depuis 2019, il lui suffit, au moment de la frappe, d'avoir au moins une partie d'un pied qui touche la ligne ou se trouve à sa hauteur ; il peut donc avancer l'autre jambe. Le texte antérieur exigeait de rester sur la ligne, une contrainte enfreinte à presque chaque tir, que la vidéo rendait impossible à ignorer.
Si le gardien quitte sa ligne trop tôt, la suite dépend du résultat de la frappe. Un tir qui entre dans le but est accordé ; un tir qui passe à côté ou heurte un poteau n'est retiré que si l'avance du gardien a clairement gêné le tireur ; un tir arrêté est retiré. Le gardien reçoit un avertissement verbal à la première infraction, puis un carton jaune aux suivantes. La loi lui interdit aussi de retarder la frappe ou de déconcentrer le tireur par un comportement irrespectueux. Lors d'une séance de tirs au but, après une finale de coupe indécise, la même contrainte de position s'applique à chaque tentative, et le gardien qui n'est pas en action attend à l'intersection de la ligne de but et de la limite de la surface de réparation.
Coup de pied de but et relance courte
Le coup de pied de but, souvent tiré par le gardien, a changé en 2019 : le ballon est en jeu dès qu'il est botté et bouge clairement, sans devoir quitter la surface de réparation. Un défenseur peut donc le recevoir à l'intérieur de la surface, tandis que les adversaires doivent attendre hors de celle-ci jusqu'à ce que le ballon soit en jeu. Le tireur pose le ballon n'importe où dans la surface de but. Beaucoup d'équipes s'en servent pour construire depuis leur gardien, en écartant deux défenseurs centraux de chaque bord de la surface.
Un coup de pied de but peut aussi marquer directement, mais seulement contre l'équipe adverse. Le gardien peut tirer n'importe quel coup franc de son équipe, y compris loin de son but : plusieurs gardiens sud-américains, comme le Paraguayen José Luis Chilavert, se sont fait un nom en marquant sur coup franc. Le poste de gardien n'interdit donc pas de marquer : il interdit seulement de le faire avec un lancer à la main.
Placement du gardien et hors-jeu
La position de gardien n'est encadrée par aucune règle en dehors du penalty : sur le terrain, il se place où il veut, dans sa surface ou loin de celle-ci. Son placement entre en revanche dans le calcul du hors-jeu, car la loi 11 ne parle pas de « gardien », mais d'avant-dernier adversaire. Quand le gardien est sur sa ligne, il est souvent l'adversaire le plus proche du but, et l'attaquant doit alors se trouver au niveau ou en retrait du défenseur suivant. Quand le gardien sort loin de son but, deux joueurs de champ peuvent devenir les adversaires de référence, et un attaquant seul face au but vide peut ne pas être hors-jeu. Le détail figure dans la loi 11 sur la position hors jeu.
Le placement relève ensuite de la technique du gardien : se tenir sur la bissectrice entre le ballon et le centre du but, réduire l'angle sur un tir, avancer de quelques pas quand l'attaquant approche. Le réflexe, la lecture de la trajectoire et la sortie au bon moment font la différence entre un gardien correct et le meilleur gardien d'un championnat, mais aucune règle ne les impose.
Éviter les fautes : les gestes qui protègent le gardien du règlement
Éviter les fautes, pour un gardien de but, consiste surtout à transformer la règle en habitude. Plusieurs gestes techniques limitent le risque de sanction :
- compter mentalement après chaque prise de balle et relancer avant le geste de l'arbitre ;
- repérer la ligne de la surface lors des sorties lointaines, en particulier sur les ballons qui roulent vers lui en pleine course ;
- jouer au pied toute passe en retrait, même lente, plutôt que de tenter une prise ;
- annoncer sa sortie à voix haute sur les centres pour éviter le choc avec un partenaire ;
- garder la main ouverte et tendue, ou bloquer le ballon contre le sol, pour signaler clairement la possession à l'attaquant qui arrive.
Le dernier rempart d'une équipe vit au milieu de ces contraintes, que les entraîneurs de gardiens intègrent dès la formation. En séance d'entraînement spécifique, l'exercice classique consiste à ramasser un ballon qui roule près de la ligne de la surface, puis à relancer vite : le gardien apprend à sentir la limite sans la regarder. La plupart de ces gestes relèvent de la protection autant que de la conformité : un gardien qui signale clairement la possession du ballon s'expose moins à un contact dangereux, et une relance rapide sert aussi l'équipe.
Gardien de but et arbitre : quatre situations qui font débat
Le gardien peut-il prendre à la main une passe de la tête d'un coéquipier ?
Une passe de la tête, de la poitrine ou du genou laisse le gardien libre de capter le ballon des mains. Seule la passe volontaire du pied, ou la rentrée de touche directe, est interdite, et la ruse qui consiste à soulever le ballon pour le remettre de la tête est sanctionnée.
Un gardien qui lance le ballon dans le but adverse marque-t-il ?
Un lancer à la main qui entre directement dans le but adverse ne compte pas : l'arbitre accorde un coup de pied de but à l'autre équipe. Un dégagement au pied qui finit au fond des filets, en revanche, est un but valable.
Combien de secondes le gardien peut-il garder le ballon ?
Le gardien dispose de 8 secondes depuis le 1er juillet 2025. Au-delà, l'arbitre accorde un corner à l'équipe adverse.
Le gardien peut-il sortir de sa surface de réparation ?
Le gardien peut aller partout sur le terrain, mais hors de sa surface il ne peut plus toucher le ballon des mains ni des bras. Une faute de main commise à l'extérieur donne un coup franc direct, et un carton rouge si elle empêche un but presque certain.















