Quand une main dans la surface donne-t-elle vraiment un penalty ?
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La faute de main est définie par la loi 12 des lois du jeu de l'IFAB : elle vise le joueur qui touche le ballon délibérément de la main ou du bras, ou dont le bras décollé rend son corps anormalement plus grand. Dans sa surface de réparation, l'arbitre accorde un penalty ; ailleurs, un coup franc direct.
Penalty dans sa surface, coup franc direct ailleurs
- La faute de main est retenue quand le joueur touche le ballon délibérément, ou quand son bras décollé agrandit anormalement son corps.
- La zone décide de la sanction : penalty dans sa propre surface de réparation, coup franc direct partout ailleurs sur le terrain de jeu.
- Un but marqué de la main ou du bras est refusé sans intention aucune, gardien de but compris, si la déviation vient du buteur.
- Une main volontaire qui annule une occasion de but manifeste ajoute une exclusion au penalty, selon les lois du jeu de l'IFAB.
Ce que la loi 12 appelle une faute de main
Le mot « main » ne figure presque jamais seul dans les lois du jeu. Le texte de référence, écrit par l'International Football Association Board et republié chaque année avant le coup d'envoi de la saison, parle du ballon « touché de la main ou du bras ». La loi 12, intitulée « Fautes et incorrections », énumère une liste de quatre situations dans lesquelles un joueur commet une infraction :
- il touche le ballon délibérément, par exemple en portant la main ou le bras vers la trajectoire ;
- il touche le ballon après avoir rendu son corps anormalement plus grand ;
- il marque dans le but adverse directement de la main ou du bras, même par accident, gardien de but compris ;
- il marque immédiatement après que le ballon a touché sa main ou son bras, même par accident.
Cette formulation a été réécrite en 2019, puis précisée en 2020 et en 2021. La version en application aujourd'hui était déjà celle de la Coupe du monde 2022, et elle vaut dans toutes les compétitions affiliées à la FIFA, du football professionnel aux séries régionales. Nos autres fiches sur les règles et l'actualité du football partent du même texte, celui de l'IFAB, et non des usages d'une ligue particulière.
Un point d'application surprend encore beaucoup de spectateurs : le joueur fautif n'a pas besoin d'avoir voulu quoi que ce soit. Un contact involontaire peut suffire, mais seulement dans deux des quatre cas ci-dessus, ceux qui concernent un but. Partout ailleurs, l'arbitre doit trancher entre une intention et une position de bras.
Le bras décollé, critère central depuis 2021
Le deuxième cas est celui qui alimente les débats du dimanche soir. La loi 12 considère qu'un joueur a rendu son corps anormalement plus grand lorsque la position de sa main ou de son bras n'est pas la conséquence du mouvement de son corps dans cette situation précise, ni justifiable par ce mouvement. Autrement dit, le bras n'est pas jugé dans l'absolu : il est jugé par rapport à ce que le joueur était en train de faire.
Un défenseur qui court garde naturellement les bras écartés pour son équilibre. Un joueur qui saute lors d'un duel aérien lève les bras. Un troisième qui se jette au sol pose la main pour amortir sa chute. Ces trois mouvements sont admis. En revanche, un bras tendu latéralement pour couvrir de l'espace, ou une main placée au-dessus de l'épaule pour intercepter un centre, sortent du mouvement naturel : l'arbitre accorde alors la faute, sans avoir à démontrer une intention.
Où s'arrête le bras au sens des lois du jeu
Depuis la saison 2020-2021, le texte donne une limite anatomique claire : la frontière haute du bras se situe au niveau du bas de l'aisselle. Un ballon qui frappe l'épaule ou le haut du dos n'est donc pas une faute de main, même s'il change de direction et même si le geste paraît suspect en direct. Cette précision a supprimé une partie des discussions : la question du point de contact est devenue vérifiable image par image, là où l'évaluation du mouvement reste une décision d'appréciation.
Quand siffle-t-on un penalty pour main ?
Le penalty est la sanction d'une faute commise par un défenseur à l'intérieur de sa propre surface de réparation, tant que le ballon est en jeu. La règle de la main ne fait pas exception. Si le défenseur touche le ballon de la main dans ce rectangle, l'arbitre siffle penalty, quelle que soit la distance qui le sépare du tireur ou de la ligne de but.
Trois conditions se cumulent, et une seule qui manque change tout :
- le contact concerne la main ou le bras, aisselle comprise, pas l'épaule ;
- le geste est délibéré, ou le bras rend le corps anormalement plus grand ;
- le joueur qui commet la faute défend, et se trouve dans sa surface de réparation.
La reprise du jeu se fait par un coup de pied de réparation, tiré depuis le point situé à onze mètres de la ligne de but, le gardien conservant au moins un pied sur cette ligne au moment de la frappe. Le ballon est en jeu dès qu'il est frappé et qu'il bouge clairement vers l'avant : un renvoi de la barre transversale ou du poteau reste jouable par tous les joueurs, sauf par le tireur lui-même, qui ne peut pas toucher le ballon deux fois de suite. Les tirs au but qui départagent deux équipes en fin de match obéissent à la même loi 12, avec une différence : chaque tir y est définitif, sans rebond jouable.
Les contacts qui ne sont pas sanctionnés
La loi 12 protège aussi le défenseur, et c'est la partie du texte que les diffuseurs citent le moins. N'est pas une faute de main le ballon qui touche la main ou le bras d'un joueur après avoir rebondi sur sa propre tête, son propre corps ou son propre pied. Le ricochet venu du pied ou du corps d'un joueur proche est traité de la même façon. Une main collée au tronc, ou couverte par son corps, n'agrandit rien et ne peut donc pas constituer l'infraction.
Le joueur qui tombe bénéficie du même raisonnement : si son bras se trouve entre son corps et le sol pour amortir la chute, sans extension latérale ni verticale, le jeu continue. Un contact avec le ballon ne suffit donc pas : il faut que le joueur touche le ballon avec sa main dans des conditions précises. Quand le ballon touche la main d'un défenseur à bout portant, sans que celle-ci soit tendue vers la trajectoire, le jeu se poursuit, et l'attaquant qui marque un but dans la seconde qui suit le voit validé. Le grand public l'a compris au fil des matchs de l'équipe de France comme de la Ligue 1 : deux mains sifflées différemment ne sont pas forcément deux erreurs, elles peuvent relever de deux situations que la loi distingue. Les protestations venues de la surface technique ne modifient rien à cette lecture, et le jeu ne reprend jamais par un coup de pied de but après une main, mais toujours par un coup franc ou un penalty.
Coup franc, penalty, carton : la sanction dépend de la zone
Une fois la faute retenue, la sanction ne dépend plus du geste mais de l'endroit du terrain où il a été commis et de ce qu'il a empêché. Le tableau ci-après met côte à côte les cas que l'on voit le plus souvent en match.
| Situation | Reprise du jeu | Sanction disciplinaire |
|---|---|---|
| Main d'un défenseur dans sa surface de réparation | Penalty | Aucune si le contact est involontaire |
| Main délibérée qui empêche le ballon d'entrer dans le but | Penalty | Exclusion du joueur fautif |
| Main ailleurs sur le terrain de jeu | Coup franc direct | Avertissement si une attaque prometteuse est interrompue |
| Main d'un attaquant avant un but | But refusé, coup franc direct pour l'adversaire | Aucune si le contact est involontaire |
| Gardien qui prend le ballon à la main hors de sa surface | Coup franc direct | Selon l'occasion de but manifeste annulée |
La reprise se distingue ensuite selon la nature de la faute. Un coup franc direct, sanction de toute faute de main, peut donner un but sans qu'un autre joueur intervienne, et il se joue à l'endroit exact de la faute ; un coup franc indirect exige qu'un deuxième joueur joue le ballon avant que le but ne soit valable. Une main n'est jamais punie d'un coup franc indirect : ce dernier est réservé aux fautes techniques du gardien et à quelques infractions sans duel. La procédure ne change pas : l'arbitre donne le signal, les adversaires se tiennent à neuf mètres quinze du ballon, puis le jeu reprend. L'objet de la loi est de rétablir l'équilibre plutôt que de punir un geste, ce qui explique également qu'une main involontaire sifflée hors de la surface n'entraîne aucun avertissement.
La main délibérée qui prive l'adversaire d'un but ou d'une occasion de but manifeste est une faute passible d'un carton rouge, et le penalty ne remplace pas l'exclusion : l'atténuation qui transforme parfois le rouge en avertissement ne vaut que pour une tentative de jouer le ballon, jamais pour une main volontaire. Un joueur exclu manque au minimum la rencontre suivante, et nous détaillons ailleurs le nombre de matchs de suspension après un carton rouge. Une main involontaire sifflée dans la surface, elle, n'entraîne aucune sanction disciplinaire : le penalty seul suffit.
Le gardien de but, un régime à part
Dans sa propre surface de réparation, le gardien peut prendre le ballon des mains : la faute de main ne le concerne pas sur cette portion du terrain. Trois limites restent en vigueur, et toutes se sanctionnent par un coup franc indirect : toucher le ballon des mains après une passe volontaire du pied d'un coéquipier, faire la même chose après une rentrée de touche d'un coéquipier, ou conserver le ballon des mains trop longtemps avant de le remettre en jeu. Un coup franc indirect accordé pour une prise trop longue se joue à l'endroit de l'infraction : l'arbitre n'accorde jamais de penalty dans ce cas, même quand le gardien a gardé le ballon dans sa propre surface. Le temps de possession n'est donc pas une faute passible d'un coup de pied de réparation.
Dès qu'il franchit la ligne de sa surface, le gardien redevient un joueur comme un autre : une main hors de la zone est une faute ordinaire, punie d'un coup franc direct, avec la question de l'occasion annulée en arrière-plan. À l'autre bout du terrain, un gardien monté sur un corner qui marque de la main voit son but refusé, exactement comme n'importe quel buteur. Le détail de ces obligations figure dans notre page consacrée aux règles particulières qui s'appliquent au gardien.
Un remplaçant n'échappe pas non plus à la loi 12. S'il prend le ballon de la main depuis le bord du terrain et interfère avec le jeu, l'arbitre interrompt la rencontre, accorde un coup franc direct à l'équipe adverse et le sanctionne d'un avertissement au minimum. Le joueur sorti lors d'un remplacement reste soumis à la même obligation jusqu'au coup de sifflet final, et le lien avec la règle de la main est direct : ce qui compte n'est pas le statut de l'auteur du geste, mais le fait qu'un bras ait modifié le cours du jeu. Un remplaçant averti peut malgré tout entrer sur le terrain plus tard, car la sanction n'annule pas le remplacement à venir ; le joueur remplacé, lui, ne revient plus en jeu.
Une main qui annule un but, même involontaire
C'est la partie du texte qui a le plus changé ces dernières saisons, et celle qui décide le plus de résultats. Un but marqué directement de la main ou du bras est toujours refusé. Depuis la saison 2021-2022, la règle s'est en revanche resserrée sur les contacts accidentels : seul le buteur est concerné, et seulement si le ballon a touché sa main ou son bras immédiatement avant la réalisation.
Deux cas ont donc disparu par rapport à la version de 2019. Le ballon qui frôle le bras d'un coéquipier en amont de l'action ne fait plus refuser le but. Le contact accidentel qui crée simplement une occasion, sans être suivi d'un but dans la seconde, n'est plus sanctionné non plus. Ce recentrage sur le buteur et sur l'immédiateté visait un reproche répété par les entraîneurs : une main invisible, trois passes avant la frappe, effaçait un but parfaitement construit.
Le mot « immédiatement » reste soumis à l'évaluation de l'arbitre, qui juge l'enchaînement plutôt qu'un nombre de touches. Un contrôle du bras suivi d'une frappe est refusé ; un ballon dévié par le bras, récupéré par l'équipe puis marqué après une remise et un centre ne l'est pas. Ce point de vue est le même pour le buteur d'une finale de Coupe du monde et pour celui d'un match de district.
Ce que l'arbitrage vidéo revoit vraiment
La VAR n'a pas créé une nouvelle règle de la main, elle a séparé deux questions. La première est factuelle : le ballon a-t-il touché la main ou le bras, et de quel côté de l'aisselle ? L'arbitre assistant vidéo peut la trancher par l'image, et c'est sur ce terrain que l'outil est le plus efficace. La seconde est une appréciation : le bras rendait-il le corps anormalement plus grand dans ce mouvement précis ? Là, la vidéo n'apporte aucune réponse mécanique.
La procédure ne prévoit d'intervention que pour une erreur manifeste, dans quatre catégories, dont le but et le penalty accordé ou refusé. L'arbitre central garde donc la main sur l'interprétation, et une main sifflée au ralenti mais admise en direct ne sera pas nécessairement corrigée. Nous avons détaillé ce partage des rôles dans notre analyse des quatre situations que l'arbitrage vidéo peut revoir. Le ralenti a un autre effet, moins commenté : il rend visible ce que l'œil nu ignorait, ce qui donne l'impression que l'on siffle davantage de mains qu'avant, alors que le texte s'est au contraire restreint.
Une règle écrite, une interprétation qui varie
La loi 12 fixe des critères, pas un barème. L'ancienne rédaction parlait d'un bras qui agrandit « artificiellement » la surface du joueur ; le texte actuel raisonne de manière relative, au regard du mouvement en cours. Cette évolution a déplacé le débat de l'intention vers la position, sans le clore : deux arbitres peuvent lire la même séquence de manière différente, et l'un accorde le penalty quand l'autre laisse jouer.
Le calendrier de ces changements est fixe. Les lois du jeu sont publiées au printemps et entrent en vigueur au 1er juillet, avant la reprise des championnats : la réécriture de la faute de main s'applique depuis le 1er juillet 2019, la frontière de l'aisselle depuis le 1er juillet 2020 et le recentrage sur le buteur depuis le 1er juillet 2021. Un groupe de travail réunissant la fédération internationale de football et les quatre associations britanniques prépare chaque texte, et la procédure d'adoption passe par un vote. Aucun arbitre, aucune ligue ne peut donc modifier la règle en cours de saison.
Les instances le savent, et le sujet revient à chaque assemblée générale du board international. Les grandes compétitions, de l'Euro à la Ligue des champions, servent de test en vraie grandeur : une vague de mains sifflées en phase de groupes finit régulièrement en note d'interprétation adressée aux arbitres, à propos des cas limites plutôt que du principe. En pratique, l'équipe offensive espère un signal dans le temps additionnel, l'équipe défensive plaide le ricochet, et l'arbitre central tranche seul. Ce que ce sport perd en prévisibilité, il le gagne en discussion, et la règle de la main en est devenue l'objet le plus commenté.
Questions fréquentes sur la règle de la main
Une main involontaire est-elle toujours un penalty ?
Non. Un contact involontaire n'est une faute que si le bras rendait le corps anormalement plus grand, ou si le ballon vient d'être touché par le buteur juste avant un but. Un ricochet sur un bras collé au corps, ou venu du propre pied du joueur, laisse le jeu se poursuivre.
Le ballon sur l'épaule compte-t-il comme une main ?
Non, l'épaule est hors du périmètre fixé par la loi 12, dont la frontière haute est le bas de l'aisselle. Un joueur qui dévie le ballon de l'épaule dans sa surface ne commet aucune infraction.
Que risque un défenseur qui arrête le ballon de la main sur sa ligne de but ?
Une main délibérée qui empêche un but coûte un penalty et une exclusion, sans atténuation possible. Le joueur fautif quitte le terrain de jeu et son équipe termine la rencontre en infériorité numérique.
L'arbitre peut-il revenir sur sa décision après avoir sifflé ?
Oui, tant que le jeu n'a pas repris, et à condition que l'assistance vidéo soit en place dans la compétition. Une décision de penalty pour main entre dans les catégories revues par l'arbitre assistant vidéo.
Un attaquant peut-il marquer après avoir touché le ballon du bras ?
Non si le contact précède immédiatement le but, y compris sans intention. Oui si l'action se poursuit ensuite, avec des passes et une reprise du jeu par son équipe avant la frappe.















