Comprendre la règle du hors-jeu au football
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La position hors jeu au foot désigne un joueur placé, au moment où un partenaire joue le ballon, plus près de la ligne de but adverse que le ballon et que l'avant-dernier opposant. Cette position ne devient une infraction que si le joueur prend part au jeu, et elle se sanctionne d'un coup franc indirect.
- Position
- Un joueur dans le camp opposé, devant le ballon et devant l'avant-dernier opposant, au moment de la passe d'un partenaire.
- Infraction
- Le joueur joue le ballon, gêne un adversaire ou tire avantage de sa position après un rebond.
- Sanction
- Un coup franc indirect pour l'équipe qui défend, à l'endroit de l'infraction.
Que dit la loi 11 sur la position de hors-jeu ?
La loi 11 des lois du jeu, rédigée par l'International Football Association Board (IFAB), définit la position de hors-jeu en trois conditions cumulées ; cet organe réunit la FIFA et les quatre fédérations britanniques. Le joueur se trouve dans le camp opposé, la ligne médiane comptant comme son propre camp. Sa tête, son tronc ou ses pieds se situent plus près de la ligne de but adverse que le ballon. Ce membre dépasse aussi l'avant-dernier opposant, souvent l'arrière le plus reculé puisque le portier ferme en général la marche.
Un joueur aligné sur l'avant-dernier opposant, ou sur les deux derniers, reste en jeu. Un joueur situé derrière le ballon ne peut pas non plus se trouver hors-jeu, quelle que soit la défense devant lui. Ce point simple explique pourquoi une passe en retrait vers un partenaire lancé ne se signale jamais.
La règle fixe aussi le moment de la mesure : on regarde la position au moment où un partenaire frappe ou dévie la balle, pas au moment où le receveur la contrôle. Un avant-centre qui part derrière le rideau défensif et le franchit pendant que le ballon voyage reste donc en jeu. Ce décalage entre la passe et la réception nourrit l'essentiel des contestations dans les tribunes, parce que l'œil du spectateur suit le ballon et non le passeur.
Comment l'arbitre détermine la position du joueur
La position d'un joueur offensif se juge par l'arbitre assistant, placé le long du terrain à hauteur de l'avant-dernier arrière. Son travail consiste à garder les yeux sur cet alignement tout en entendant ou en voyant le départ de la passe, deux informations difficiles à saisir au même instant. Les assistants s'entraînent pour cela à suivre la défense en pas chassés, mobiles et toujours face au jeu.
Quelles zones du corps comptent ?
Pour juger un joueur hors-jeu, seules comptent les zones du corps avec lesquelles on peut marquer légalement : tête, tronc, jambes et pieds. La main et le bras ne comptent pas, y compris pour les portiers. L'IFAB a précisé la limite du bras : elle se situe au bas de l'aisselle. Une épaule en avance peut ainsi suffire, alors qu'un bras tendu dans la direction du but ne compte jamais.
À quel moment se mesure la position ?
La position de chaque joueur se fige à l'instant du premier contact d'un partenaire avec le ballon. C'est précisément ce que l'arbitrage assisté par la VAR cherche à isoler image par image depuis son arrivée en 2018, et ce que la technologie de hors-jeu semi-automatique, utilisée pour la première fois en coupe du monde au Qatar en 2022, calcule grâce à des caméras qui suivent les membres de chaque joueur. Le détail de ces contrôles, et leurs limites, se lit dans notre analyse de son arbitrage par la vidéo.
Une position de hors-jeu n'est pas une faute
Un joueur en position de hors-jeu ne commet aucune infraction tant qu'il ne prend pas une part active au jeu. L'arbitre ne siffle que si le joueur intervient de l'une des trois manières décrites par la loi 11. Un ailier qui reste loin de l'action pendant qu'un partenaire marque n'empêche donc pas le but d'être accordé.
- Interférer avec le jeu : il frappe ou dévie un ballon transmis par un partenaire. C'est le cas le plus simple.
- Interférer avec un adversaire : il empêche un opposant de jouer le ballon en obstruant clairement son champ de vision, il lui dispute la balle, il tente nettement de jouer un ballon proche de lui, ou il effectue une action évidente qui le gêne.
- Tirer avantage de sa position : il reprend un ballon qui revient vers lui après un rebond sur un poteau, la barre transversale, un arbitre ou un opposant, ou après un arrêt volontaire du portier.
Le cas du joueur passif devant le portier illustre cette nuance. Un avant-centre en position de hors-jeu, placé dans le champ de vision du portier sur une frappe lointaine, gêne la parade : l'infraction existe sans aucun contact avec le ballon. Ce joueur décalé de deux mètres sur le côté, sans masquer la trajectoire, laisse le but valable. Les arbitres apprécient donc l'impact réel sur l'opposant, ce qui laisse une marge d'interprétation que la VAR ne supprime pas.
Quelles exceptions annulent le hors-jeu ?
Le hors-jeu ne s'applique pas quand un joueur reçoit le ballon directement sur trois remises en jeu : la rentrée de touche, le coup de pied de but et le coup de pied de coin, le corner. Sur une remise à la main, un buteur peut donc se placer derrière toute la défense ; cette liberté ne change rien au fait qu'on ne peut pas inscrire un but directement sur une touche lancée vers la cage. Le coup franc, direct ou indirect, reste en revanche soumis à la règle.
La loi prévoit un autre cas fréquent : le joueur qui reçoit le ballon d'un opposant qui l'a joué délibérément n'est pas sanctionné, sauf si ce geste est un arrêt délibéré. Une passe en retrait ratée d'un arrière remet ainsi tous les buteurs en jeu, alors qu'une parade du portier dans sa surface de réparation ne le fait pas.
| Situation de jeu | Hors-jeu possible ? | Pourquoi |
|---|---|---|
| Rentrée de touche | Non | Exception prévue par la loi 11 |
| Coup de pied de but, coup de pied de coin | Non | Exception identique, sur réception directe |
| Coup franc direct ou indirect | Oui | Aucune exception pour cette remise en jeu |
| Passe volontaire d'un arrière | Non | Le geste délibéré de l'opposant remet le receveur en jeu |
| Arrêt du portier qui revient vers un avant | Oui | Un arrêt volontaire ne remet personne en jeu |
| Joueur dans son propre camp | Non | La position n'existe que dans le camp opposé |
Quelle sanction après une infraction de hors-jeu ?
Une infraction de hors-jeu se sanctionne par un coup franc indirect accordé à l'équipe qui défend, tiré à l'endroit où le joueur a commis l'infraction. Depuis la révision des lois du jeu de 2016, ce point s'applique aussi quand l'infraction a lieu dans le propre camp du joueur, par exemple quand il revient vers sa cage pour jouer un ballon. Le hors-jeu ne donne en principe ni carton jaune ni exclusion : il s'agit d'une faute technique sanctionnée sans mesure disciplinaire, pas d'un comportement antisportif.
La loi règle aussi le cas du joueur qui quitte le terrain. Un arrière qui sort sans autorisation de l'arbitre compte, pour le hors-jeu, comme s'il se tenait sur sa ligne de but ou de touche jusqu'au prochain arrêt de jeu : impossible de quitter le terrain pour piéger un avant. Un joueur offensif qui sort pour montrer qu'il ne participe pas à l'action n'est pas puni, mais s'il revient et reprend le ballon, il est considéré comme placé sur la ligne de but adverse.
D'où vient la règle du hors-jeu ?
La règle du hors-jeu figure dans les premières lois du football association rédigées en Angleterre en 1863 ; elle interdisait alors de jouer devant le ballon, à la manière du rugby, dont le jeu était encore proche. En 1866, les lois autorisent un joueur à recevoir le ballon s'il a au moins trois opposants entre lui et la ligne de but. Le nombre passe à deux en 1925, une réforme qui fait bondir le nombre de buts marqués dans le championnat anglais. En 1990, par une modification majeure, l'IFAB décide qu'un joueur à hauteur de l'avant-dernier opposant reste en jeu, une évolution pensée pour favoriser l'attaque.
Chaque réforme suit une logique constante : préserver l'équilibre du sport entre l'équipe qui attaque et celle qui défend. Sans hors-jeu, un buteur pourrait attendre devant le gardien de but et les matchs se joueraient à coups de longs ballons. La règle oblige les équipes à construire et laisse à la défense une chance de récupérer la balle collectivement.
Comment un avant-centre échappe au drapeau de l'assistant
Un avant-centre évite le hors-jeu en réglant ses appels sur le passeur plutôt que sur le ballon : c'est le premier conseil donné aux jeunes buteurs en club. Les spécialistes de la profondeur se placent à hauteur de l'arrière le plus reculé, épaules ouvertes, et déclenchent leur course à l'instant où le partenaire arme sa frappe. Partir une fraction de seconde trop tôt suffit à faire lever le drapeau ; partir trop tard laisse l'arrière reprendre l'avantage.
Le placement en courbe aide aussi : courir parallèlement au rideau défensif puis plonger dans l'intervalle permet de rester en jeu jusqu'au départ de la passe. Côté défense, le piège du hors-jeu consiste à monter d'un seul mouvement juste avant la passe pour laisser l'avant au-delà de la défense. Cette tactique, facile à dessiner mais délicate à exécuter, exige une coordination parfaite entre les arrières et le portier, qui doit couvrir l'espace laissé dans le dos. Pour ce poste, le hors-jeu n'est qu'une des contraintes à maîtriser parmi les règles propres au gardien.
Cette lecture fine du jeu se retrouve dans toutes nos analyses de matchs et portraits de joueurs, où le hors-jeu revient souvent comme la frontière entre une action brillante et un but refusé.
Ligne, gardien, centimètres : les cas qui font débat
Peut-on être hors-jeu sur un coup d'envoi ?
Non, aucun joueur ne peut se trouver hors-jeu sur un coup d'envoi, puisque tous les joueurs se trouvent alors dans leur propre camp, condition qui exclut toute position de hors-jeu.
Le gardien compte-t-il comme avant-dernier adversaire ?
Oui, la loi parle d'opposants et non d'arrières : si le portier sort de sa surface et se retrouve devant un arrière de son équipe, cet arrière devient le dernier opposant, et le portier l'avant-dernier.
Un joueur à hauteur de l'arrière est-il hors-jeu ?
Non, un joueur à hauteur de l'avant-dernier opposant reste en jeu depuis la réforme de 1990 ; il faut qu'une zone du corps qui peut marquer dépasse cet opposant pour qu'il y ait position de hors-jeu.
Pourquoi l'assistant laisse-t-il parfois jouer avant de lever le drapeau ?
Dans les compétitions avec VAR, l'arbitre assistant retarde son drapeau sur les actions serrées : si le but est marqué, l'écran peut encore l'annuler, alors qu'un coup de sifflet trop rapide ne se rattrape pas.















