Comment l'arbitre fixe-t-il le temps additionnel d'un match ?
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Le temps additionnel au football est la rallonge que l'arbitre accorde à chaque mi-temps pour rendre les minutes perdues pendant le match : remplacements, soins à un joueur, VAR, célébrations. La loi 7 de l'IFAB en fixe la liste, le quatrième arbitre affiche un minimum sur son panneau, et l'arbitre principal peut prolonger le jeu, jamais le raccourcir.
Le chiffre affiché peut grandir, jamais baisser
- Une rencontre de foot se joue en deux mi-temps de 45 minutes, chacune rallongée des minutes perdues.
- L'arbitre compte les interruptions causées par les joueurs, les équipes, le staff médical ou la VAR.
- Le chiffre affiché peut grandir, jamais baisser, et un penalty accordé se tire même au-delà du chrono.
- Depuis la Coupe du monde 2022, les instances du ballon rond demandent un décompte plus fidèle.
Qu'est-ce que le temps additionnel au football ?
Le temps additionnel, souvent appelé « arrêts de jeu » ou « temps perdu », est une rallonge accordée au terme de chaque mi-temps. Il n'a rien d'une faveur : il existe parce que le chronomètre du foot ne se fige jamais. Sa définition tient en une phrase : rendre au public et aux équipes les minutes que le jeu n'a pas vraiment utilisées. Au basket ball, l'horloge est stoppée à chaque coup de sifflet et un quart temps de dix minutes (règle FIBA) correspond exactement à dix minutes de temps de jeu effectif. Au football, la montre de l'arbitre tourne pendant qu'un joueur est soigné, pendant qu'une équipe effectue un remplacement ou pendant qu'une action est revue à la vidéo. Le temps additionnel sert à rendre ces minutes au match.
La règle qui l'encadre est la loi 7 des lois du jeu, intitulée « Durée du match ». Elle est rédigée par l'International Football Association Board (IFAB), l'organisme qui fixe les règles du football depuis 1886 et dont les décisions s'appliquent à toutes les compétitions, du district à la Premier League. Pour qui veut suivre l'actualité des règles et des grandes affiches, notre rubrique consacrée au football regroupe les analyses du site.
Il ne faut pas confondre cette rallonge avec la prolongation. La première s'ajoute à chaque mi-temps de toute rencontre, y compris en championnat national, quel que soit le calendrier. La prolongation, elle, n'existe que dans les matchs à élimination directe, quand le score est nul au terme du temps réglementaire et que le règlement de la compétition impose un vainqueur.
Combien de temps dure un match de football ?
Un match de football dure 90 minutes de temps réglementaire, réparties en deux périodes égales de 45 minutes. La mi-temps ne peut pas dépasser 15 minutes, et le règlement de la compétition peut la fixer plus courte. Le coup d'envoi de chaque période est donné après un tirage au sort pour le choix du camp et de l'engagement.
Le match réel est toujours plus long. Entre la rallonge du premier acte, la pause et celle du second, une rencontre de Ligue 1 occupe en général près de deux heures d'antenne, publicité comprise, et le public reste au stade bien au-delà de la 90e minute. Le temps de jeu effectif, c'est-à-dire la durée pendant laquelle le ballon est en jeu, est à l'inverse bien plus court que 90 minutes : sortie en touche, coup de pied de but, coup franc direct ou indirect, chaque reprise du jeu consomme des secondes que le temps additionnel ne rend qu'en partie.
Pour les catégories de jeunes et le foot féminin amateur, les fédérations peuvent raccourcir les mi-temps, selon l'âge et la taille des terrains. Le principe reste le même : deux moitiés égales, et une rallonge pour les minutes perdues. Aux éducateurs sportifs, une habitude utile : annoncer ce chiffre aux enfants évite bien des contestations.
Comment est calculé le temps additionnel ?
L'arbitre additionne, mi-temps par mi-temps, les pauses que la loi 7 considère comme perdues. Il ne s'agit pas d'un forfait : chaque coupure est estimée, puis la somme est arrondie à la minute. La loi cite les causes suivantes :
- les remplacements, compte tenu du temps que met le joueur à quitter le terrain ;
- l'évaluation et l'évacuation d'un joueur blessé, par exemple après un contact appuyé ;
- les manœuvres pour gagner du temps ;
- les sanctions disciplinaires : un carton jaune ou un carton rouge interrompt le jeu le temps de l'avertissement ;
- les pauses médicales prévues par le règlement de la compétition, comme les pauses fraîcheur par forte chaleur ou les pauses boisson, qui ne doivent pas dépasser une minute ;
- les vérifications et les révisions de la VAR ;
- les célébrations d'un but ;
- toute autre cause, y compris un retard important à la reprise du jeu.
Concrètement, l'arbitre principal note mentalement ou sur sa carte, sous le maillot de sa tenue, chaque coupure notable. Le quatrième arbitre et les assistants l'aident dans ce travail par l'oreillette. Vers la 45e ou la 90e minute, l'arbitre transmet un total, et le quatrième arbitre le lève sur le panneau lumineux. Cette information est confirmée au public par le speaker ou l'écran géant du stade.
Ce qui ne compte pas comme temps perdu
Une sortie de ballon ordinaire, une remise en jeu rapide ou un coup de pied de but joué sans traîner font partie du jeu normal : l'arbitre ne les rend pas. La frontière passe par le mot « anormal ». Un gardien de but qui garde le ballon trop longtemps ou une équipe qui tarde à tirer un coup franc devant la ligne de but adverse, en revanche, fait perdre du temps, et ce temps peut être ajouté.
Depuis la saison 2025-2026, l'IFAB sanctionne aussi le gardien qui garde le ballon en main plus de huit secondes : l'équipe adverse obtient un corner, là où l'ancienne règle des six secondes prévoyait un coup franc indirect, rarement sifflé. Les autres obligations du portier sont détaillées dans notre article sur les règles propres au gardien de but.
La VAR, grande pourvoyeuse de minutes
Une révision vidéo peut immobiliser le match une à trois minutes, parfois davantage quand l'arbitre se rend au bord du terrain pour revoir l'action. Ce temps est intégralement ajouté. Les situations dans lesquelles la vidéo peut intervenir sont limitées, et nous les avons détaillées dans notre article sur ce que l'arbitrage vidéo revoit, et ce qu'il laisse.
Qui annonce le temps additionnel, et peut-il changer ?
À la fin de chaque période, le quatrième arbitre affiche sur son panneau un nombre de minutes. C'est un minimum, pas un maximum. L'arbitre principal peut prolonger le temps additionnel si de nouveaux arrêts surviennent pendant cette rallonge : un joueur blessé, une révision vidéo ou un but marqué dans les arrêts de jeu ajoutent chacun leurs secondes. Il ne peut en revanche jamais le réduire.
Une erreur de chronométrage du premier acte ne peut pas non plus être compensée après la pause : chaque mi-temps s'achève avec sa propre rallonge. Le compteur repart donc de zéro après la minute de pause qui sépare le retour des vestiaires du coup d'envoi.
Le coup de sifflet final obéit à une seule exception. Si un penalty doit être tiré ou retiré, la mi-temps est prolongée jusqu'à ce que la frappe soit terminée : le ballon doit s'arrêter, sortir, être capté ou franchir la ligne. Un joueur ne peut donc pas marquer sur le rebond d'un penalty tiré après le temps réglementaire, ni un autre joueur toucher le ballon après la frappe depuis le point de penalty.
Pourquoi le temps additionnel s'allonge-t-il ?
Le temps additionnel s'allonge parce que les instances ont demandé aux arbitres de compter plus précisément. Le tournant date de la Coupe du monde 2022 au Qatar. Pierluigi Collina, président de la commission des arbitres de la FIFA, avait alors expliqué vouloir rendre le temps réellement perdu, notamment après les célébrations d'un but et les remplacements. Dès les premiers jours du tournoi, plusieurs rencontres ont dépassé les 100 minutes, dont Angleterre-Iran, marquée par un long arrêt pour soigner le gardien iranien après un choc.
La Premier League et d'autres championnats européens ont suivi la saison suivante, sur recommandation de l'IFAB. Les rallonges de huit, dix minutes ou davantage sont devenues plus fréquentes, alors que trois ou quatre minutes étaient la norme auparavant. Cette nouvelle version du décompte a d'abord surpris, puis s'est installée dans le calendrier des grandes ligues.
L'objectif affiché est double. D'une part, décourager l'anti-jeu : une équipe qui mène au score n'a plus intérêt à multiplier les simulations ou les remplacements tardifs si chaque seconde est rendue. D'autre part, augmenter le temps de jeu effectif, qui reste l'un des points faibles du football face à d'autres sports. D'anciens arbitres comme Tony Chapron ont régulièrement plaidé en France pour ce décompte plus strict, voire pour un chronomètre arrêté.
Comment le temps additionnel impacte-t-il le jeu ?
Le temps additionnel pèse sur le résultat plus qu'on ne le croit. Une équipe menée garde l'espoir de revenir au score, et les buts inscrits après la 90e minute, les fameux buts de la « Zona Cesarini » pour les Italiens, ont décidé de nombreux titres. La finale de la Ligue des champions 1999, gagnée par Manchester United grâce à deux buts dans les arrêts de jeu, en reste l'exemple le plus cité.
Pour l'équipe qui mène, la gestion de la possession du ballon devient une affaire tactique : garder le ballon dans le camp adverse, obtenir des touches près du poteau de corner, provoquer des fautes. Chaque infraction sifflée coupe le jeu, mais si la manœuvre vise à gagner quelques secondes, l'arbitre les rend, et il peut sanctionner l'auteur de l'infraction d'un carton jaune. Le conseil que donnent la plupart des entraîneurs à leurs joueurs est simple : protéger le ballon dans le coin, près du drapeau, plutôt que simuler. Un deuxième avertissement vaut exclusion, avec les conséquences expliquées dans notre article sur le carton rouge et la suspension qui suit.
Les entraîneurs ajustent aussi leurs remplacements. Faire entrer un joueur frais dans les dernières minutes reste utile, mais le temps pris par le changement est désormais ajouté, ce qui enlève une partie de l'intérêt du remplacement « pour casser le rythme ».
Prolongation, tirs au but et mort subite : ce qui vient après
Dans un match à élimination directe, un match nul au terme du temps réglementaire ouvre la prolongation si le règlement le prévoit. Elle comprend deux périodes égales qui ne dépassent pas 15 minutes chacune, avec une courte pause boisson d'une minute au plus entre les deux. Chaque période de prolongation reçoit elle aussi son temps additionnel. Dans une confrontation aller-retour, la prolongation n'est jouée qu'à la fin du match retour.
Si l'égalité persiste, une séance de tirs au but départage les équipes, en une série de cinq tentatives chacune puis en mort subite. Elle ne fait pas partie du match : les réussites ne comptent pas dans le score officiel, et aucune rallonge ne s'y applique.
La mort subite, ou « but en or », a longtemps mis fin à la prolongation dès le premier but. La France l'a connue lors de la Coupe du monde 1998, quand Laurent Blanc a éliminé le Paraguay en huitième de finale. L'IFAB l'a abandonnée en 2004, tout comme le « but en argent », testé à l'Euro 2004 au Portugal. La prolongation se joue depuis en entier.
Comparaison avec d'autres sports
| Sport | Durée réglementaire | Gestion du temps perdu |
|---|---|---|
| Football | 2 périodes de 45 minutes | Chronomètre continu, temps additionnel fixé par l'arbitre |
| Basket ball (FIBA) | 4 quart temps de 10 minutes | Chronomètre arrêté à chaque interruption, ballon mort |
| Rugby à XV | 2 périodes de 40 minutes | Chronomètre arrêté sur décision de l'arbitre, la période s'achève au premier ballon mort après la sirène |
| Handball | 2 périodes de 30 minutes | Temps mort et interruptions arrêtent le chronomètre |
Le football reste l'un des rares grands sports collectifs où le chronomètre tourne sans répit. Le rugby, à XV comme à XIII, a fait un autre choix : l'arbitre y stoppe la montre, et la sécurité des joueurs après un contact justifie des arrêts parfois longs, sans que le public ne perde une minute de jeu. Le débat sur un temps de jeu effectif, avec une horloge arrêtée à chaque sortie du ballon, revient régulièrement, et l'IFAB a déjà autorisé des essais dans certaines compétitions de jeunes. Aucune décision ne l'a pour l'instant imposé dans le football professionnel.
Questions fréquentes sur le temps additionnel
Combien de temps dure le temps additionnel ?
Il n'a pas de durée fixe. Il correspond au temps perdu pendant la période : une ou deux minutes pour une mi-temps fluide, dix minutes ou plus après une longue blessure ou plusieurs révisions vidéo.
L'arbitre peut-il siffler avant la fin du temps affiché ?
Non. Le nombre de minutes affiché par le quatrième arbitre est un minimum. L'arbitre peut jouer au-delà, jamais en deçà.
Un but marqué dans le temps additionnel compte-t-il ?
Oui, il compte comme n'importe quel but. Sa célébration est elle-même du temps perdu que l'arbitre peut ajouter.
