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L'exclusion temporaire, ce carton qui renvoie un joueur dix minutes sur le banc

L'exclusion temporaire, ce carton qui renvoie un joueur dix minutes sur le banc

Dix minutes hors du terrain, sans remplaçant, puis retour au jeu : c'est le principe de l'exclusion temporaire au football. Autorisée par l'IFAB depuis 2019 pour le football amateur, des jeunes et des vétérans, cette sanction intermédiaire entre le carton jaune et le carton rouge suivi d'une suspension vise d'abord la contestation et certaines infractions tactiques.

Qu'est-ce qu'une exclusion temporaire au football ?

L'exclusion temporaire est une sanction disciplinaire qui oblige un joueur à quitter le terrain pendant une durée fixée à l'avance, puis lui permet de revenir. Pendant ce temps, son équipe joue à dix (ou à un de moins que l'effectif normal dans le football à effectif réduit), et aucun remplaçant ne peut prendre sa place. C'est toute la différence avec le carton rouge : l'exclu définitif ne revient pas, et son équipe reste en infériorité numérique jusqu'à la fin du match.

Le jeu l'a empruntée à d'autres sports collectifs. Au rugby, un carton jaune envoie déjà un joueur dix minutes sur le bord du terrain ; au handball, l'exclusion dure deux minutes ; au hockey sur glace, le banc des pénalités fait partie du jeu depuis des décennies. Le ballon rond, lui, a longtemps refusé l'idée, par crainte de compliquer l'arbitrage et la gestion du temps.

L'International Football Association Board (IFAB), qui écrit les Lois du jeu, a franchi le pas lors de son assemblée générale de mars 2019 : les compétitions de football de base, de jeunes, de vétérans et de football pour personnes handicapées peuvent désormais adopter l'exclusion temporaire pour une partie ou la totalité des avertissements. Le football professionnel, la Ligue 1, la Ligue des champions ou la Coupe du monde n'en font pas partie : à ce niveau, le carton jaune reste un simple avertissement.

Comment fonctionne le carton blanc ?

Dans beaucoup de compétitions françaises, l'exclusion temporaire se signale par un carton blanc. Le principe est le suivant : le joueur commet une infraction prévue par le règlement, l'arbitre arrête le jeu, montre le carton blanc et indique au joueur qu'il doit quitter le terrain. Le joueur exclu temporairement rejoint alors une zone définie, souvent près de la surface technique de son équipe ou derrière la ligne de touche, et attend que l'arbitre l'autorise à revenir.

Le retour suit des règles simples, qui reprennent les recommandations de l'IFAB :

  • le joueur ne revient qu'avec l'accord de l'arbitre, lors d'un arrêt de jeu ou au moment où le ballon est hors du jeu ;
  • le chronomètre de l'exclusion tourne pendant le temps de jeu effectif, et l'arbitre tient compte du temps perdu ;
  • si la mi-temps arrive avant la fin des dix minutes, le reste de la sanction se purge au début de la seconde période ;
  • un joueur exclu temporairement ne peut pas être remplacé pendant la durée de la sanction, mais il peut l'être après son retour.

La couleur blanche n'est pas imposée partout. Certaines ligues ou districts utilisent un autre signal, et la presse a parlé début 2024 d'un éventuel carton bleu pour un essai au niveau professionnel, idée que l'IFAB a rapidement présentée comme non arrêtée. Il ne faut pas confondre ce carton blanc d'exclusion avec le carton blanc du fair-play, utilisé notamment au Portugal pour saluer un geste sportif : il ne sanctionne rien.

Quelles infractions entraînent une exclusion temporaire ?

L'IFAB laisse aux organisateurs de compétition le choix entre deux grandes options. Dans la première, toutes les infractions passibles d'un avertissement donnent lieu à une exclusion temporaire à la place du carton jaune. Dans la seconde, seules certaines infractions sont concernées, tandis que les autres restent sanctionnées par un avertissement classique. C'est cette seconde formule que retiennent la plupart des compétitions amateurs.

L'infraction la plus souvent visée est la contestation : un joueur qui proteste par des paroles ou des gestes contre une décision de l'arbitre, qui l'entoure avec ses coéquipiers ou qui conteste de façon répétée. L'objectif affiché est de protéger les arbitres du football de base, souvent jeunes et bénévoles. Viennent ensuite, selon les règlements, les fautes tactiques qui cassent une attaque prometteuse, le comportement antisportif envers un adversaire ou les infractions répétées aux Lois du jeu.

En revanche, une infraction grave reste une infraction de carton rouge : faute grossière, acte de brutalité, crachat, propos injurieux, annulation d'une occasion de but manifeste par une main volontaire. L'exclusion temporaire ne remplace jamais l'exclusion définitive. Elle s'insère entre les deux, comme une sanction graduée.

Un exemple concret aide à fixer les idées. Sur une compétition de district qui applique le carton blanc à la seule contestation, un milieu qui hurle sur l'arbitre après un coup franc indirect sifflé contre son équipe sort dix minutes. Le même joueur qui, plus tard, retient un adversaire lancé seul vers le but commet une infraction différente : il reçoit un avertissement, voire une expulsion si l'occasion de but était manifeste.

Quelle est la durée d'une exclusion temporaire ?

La durée recommandée par l'IFAB représente environ 10 à 12 % du temps de jeu total. Pour un match de football à onze de deux fois 45 minutes, cela donne dix minutes, la référence la plus répandue. Les compétitions de jeunes, dont les périodes sont plus courtes, réduisent la durée en proportion : sur un match de deux fois 30 minutes, l'exclusion tourne autour de six ou sept minutes, selon le règlement de la compétition.

L'arbitre reste maître du chronomètre. Si le jeu est arrêté longtemps (blessure, remplacement, ballon perdu), il ajoute ce temps à la sanction, comme il l'ajoute au temps additionnel en fin de période. Une exclusion prononcée à la 85e minute d'un match sans prolongation se termine donc avec le coup de sifflet final, et le joueur ne revient pas. En coupe, si une prolongation est jouée, le reste de la sanction se purge au début de celle-ci.

Pour les tirs au but, la règle générale veut qu'un joueur qui purge encore une exclusion temporaire à la fin du temps réglementaire et des prolongations ne soit pas autorisé à tirer. Les règlements de coupe précisent ce cas, et c'est l'un des points à vérifier avant un match à élimination directe.

Carton jaune, carton blanc et carton rouge : ce qui change sur le terrain

Les trois cartons n'ont pas le même poids, ni sur le match, ni sur la suite de la saison. Le tableau suivant résume les différences, telles qu'elles s'appliquent dans les compétitions amateurs qui ont adopté l'exclusion temporaire.

Sanction Effet sur le match Remplacement Suite disciplinaire
Carton jaune Simple avertissement, le joueur reste Possible à tout moment Cumul pouvant mener à une suspension
Carton blanc (exclusion temporaire) Équipe à dix pendant environ dix minutes Interdit pendant la sanction Variable selon le règlement de la ligue ou du district
Carton rouge Exclusion définitive, équipe réduite jusqu'à la fin du match Impossible Suspension d'un ou plusieurs matchs

Le cumul entre les sanctions dépend du système retenu. Dans la formule où l'exclusion temporaire remplace le seul avertissement pour contestation, un joueur qui reçoit deux exclusions temporaires dans le même match ne revient pas après la seconde ; il peut parfois être remplacé, ce qui le distingue d'un carton rouge. Un joueur qui ajoute un carton jaune à une exclusion temporaire est souvent traité de la même façon. Ces combinaisons sont précisément ce que règle chaque compétition, d'où l'intérêt de lire le texte de sa ligue avant le début de saison.

Ce que les joueurs et les éducateurs demandent sur le carton blanc

Peut-on contester une exclusion temporaire ?

Sur le terrain, non : la décision de l'arbitre est définitive, et protester contre un carton blanc donné pour contestation est la meilleure façon d'aggraver son cas. Après le match, l'exclusion temporaire est inscrite sur la feuille de match, et c'est la commission de discipline de la ligue ou du district qui décide si elle entraîne une suite. Une réclamation suit alors la procédure habituelle de la Fédération française de football.

Un joueur exclu temporairement peut-il être remplacé ?

Pas pendant la sanction. Son équipe joue en infériorité numérique jusqu'à son retour. Une fois revenu sur le terrain, il peut être remplacé normalement, dans la limite du nombre de remplacements prévu par la compétition.

Le gardien de but peut-il recevoir un carton blanc ?

Oui. S'il est exclu temporairement, un joueur de champ prend sa place dans les buts avec le maillot de gardien, puisque l'équipe ne peut pas faire entrer un remplaçant. Certaines équipes choisissent d'utiliser un remplacement pour faire sortir un joueur de champ et faire entrer un gardien remplaçant, si le règlement l'autorise et s'il reste des changements.

L'exclusion temporaire existe-t-elle en Ligue 1 ?

Non. Le football professionnel, en France comme ailleurs, n'applique pas l'exclusion temporaire. La Ligue 1, la Coupe de France pour les clubs professionnels, l'équipe de France et les compétitions de l'UEFA restent sur le système jaune et rouge.

Comment l'exclusion temporaire impacte-t-elle le match ?

Jouer en infériorité numérique pendant ce laps de temps change une rencontre plus qu'on ne le croit. L'équipe réduite recule, ferme l'axe et cherche à gagner du temps sur les remises en jeu ; l'adversaire monopolise le ballon, multiplie les centres, les coups de pied de coin et les tirs depuis l'entrée de la surface de réparation. Les éducateurs qui ont connu le carton blanc le disent souvent : c'est pendant ces dix minutes que se jouent beaucoup de matchs serrés en district.

L'effet recherché est surtout préventif. Une contestation qui coûte dix minutes d'infériorité au collectif pèse plus lourd, dans la tête d'un joueur, qu'un carton jaune sans effet immédiat. Les retours publiés par les fédérations qui ont testé le dispositif, en Angleterre notamment sur le football de base, font état d'une baisse des contestations envers les arbitres. Les chiffres détaillés varient d'une étude à l'autre et ne sont pas toujours publics : il faut les lire avec prudence.

Le dispositif a aussi ses critiques. Pour l'arbitre, il faut suivre un chronomètre de plus, parfois deux ou trois si plusieurs joueurs sont exclus, sans arbitre assistant officiel dans beaucoup de matchs amateurs. Pour les clubs, la frontière entre infraction punie d'une exclusion et infraction punie d'un avertissement peut sembler floue, ce qui nourrit à son tour la contestation qu'on voulait réduire.

Quelles sont les nouvelles règles sur l'exclusion temporaire ?

Depuis 2019, l'IFAB a précisé peu à peu les modalités de l'exclusion temporaire dans les Lois du jeu, sans changer son périmètre : elle reste réservée au football de base, des jeunes, des vétérans et au football pour personnes handicapées. Les discussions des dernières saisons ont porté sur deux idées : étendre l'essai à des niveaux plus élevés et l'appliquer aux fautes tactiques, celles qui stoppent une contre-attaque sans être assez graves pour un carton rouge.

À ce jour, aucune décision ne l'a introduite dans le football professionnel. L'arbitrage du haut niveau a pris d'autres voies, comme l'arbitrage vidéo et ses quatre situations ou le hors-jeu semi-automatique. Une infraction de contestation y reste sanctionnée par un simple avertissement, et la lutte contre l'encerclement de l'arbitre passe plutôt par la règle qui réserve le dialogue au seul capitaine, expérimentée en Europe depuis 2024.

En France, le plus sûr est de se reporter aux règlements de sa ligue régionale et de son district, mis à jour chaque été : ils disent si l'exclusion temporaire s'applique, à quelles catégories, pour quelles infractions et avec quelle durée. Une même infraction peut ainsi valoir un carton blanc en U17 dans un district et un carton jaune dans le district voisin.

Beaucoup de districts de France tiennent aussi un challenge du fair-play, parfois pris en compte dans le classement en fin de saison. Une infraction sanctionnée d'une exclusion temporaire y est comptée selon un barème propre à chaque ligue. Une infraction de contestation répétée, une infraction commise par un dirigeant depuis la surface technique ou une infraction du public dans le stade relèvent, elles, de barèmes distincts. D'une ligue à l'autre, la même infraction ne pèse donc pas le même nombre de points.

Les sports qui utilisent déjà l'exclusion temporaire

Le football n'a rien inventé. Plusieurs sports collectifs pratiquent l'exclusion temporaire depuis longtemps, avec des durées adaptées à leur rythme de jeu :

Rugby à XV
Un carton jaune vaut dix minutes hors du terrain ; World Rugby a aussi introduit un carton rouge de vingt minutes, avec remplacement possible ensuite, dans certaines compétitions.
Handball
L'exclusion temporaire dure deux minutes, et la troisième entraîne une disqualification.
Hockey sur glace
Les pénalités mineures durent deux minutes, purgées sur le banc des pénalités.
Water-polo
L'exclusion temporaire dure vingt secondes, et la troisième équivaut à une exclusion pour le reste du match.

Le football à onze a repris de ces sports l'idée d'une sanction qui punit tout de suite le collectif, sans priver le joueur de la fin du match. Le choix de dix minutes le rapproche du rugby plutôt que du handball, ce qui correspond à la durée d'un match de football et à sa faible fréquence de buts : sur un terrain aussi grand, deux minutes à dix ne changeraient presque rien.

Pour un joueur amateur, la règle à retenir tient en une phrase : un carton blanc, c'est dix minutes sur le banc sans remplaçant, pour une infraction que le règlement de la compétition a listée, le plus souvent la contestation. Le reste, durée exacte, cumul et suite disciplinaire, se lit dans le règlement de la ligue ou du district.

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