Cinq changements, trois fenêtres : ce que dit la règle des remplacements
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Cinq remplacements par équipe et par match officiel, effectués en trois interruptions au plus, plus la mi-temps : c'est le nombre de remplacements en football fixé par les lois du jeu de l'International Football Association Board (IFAB) depuis 2022. La prolongation ajoute un sixième changement, et les commotions cérébrales ouvrent un cas à part.
- 5 remplaçants peuvent entrer en jeu au cours d'un match de haut niveau.
- 3 fenêtres maximum pendant le temps de jeu, la mi-temps ne compte pas.
- Un remplacement supplémentaire en prolongation, avec une fenêtre de plus.
- En amateur, le règlement de la compétition peut autoriser le retour d'un joueur remplacé.
Combien de remplacements sont autorisés au football ?
La loi 3 des lois du jeu, rédigée par l'IFAB et appliquée par la FIFA, laisse chaque compétition fixer son propre nombre de remplacements, dans une limite : cinq au maximum pour un match officiel de compétition de haut niveau. Ligue 1, Premier League, Ligue des champions, Coupe du monde ou équipe de France en match international : toutes appliquent aujourd'hui ce plafond de cinq joueurs remplacés par équipe.
Le nombre de remplaçants inscrits sur la feuille de match est une autre question. Le règlement de chaque compétition fixe combien de joueurs peuvent s'asseoir sur le banc, de 7 à 15 selon les cas. Une équipe peut donc avoir neuf ou douze remplaçants disponibles et n'en faire entrer que cinq. Ce n'est pas le banc qui limite l'entraîneur, c'est le compteur de changements.
Un match amical échappe en partie à ces bornes : les deux équipes et l'arbitre peuvent s'entendre avant le coup d'envoi sur un nombre plus élevé, jusqu'à six changements en match international amical, ou sans limite fixe dans les autres rencontres amicales si l'accord est donné. Faute d'accord, le maximum de six s'applique.
Les trois fenêtres de remplacement, une contrainte souvent oubliée
La règle des cinq remplacements s'accompagne d'une limite moins connue : les changements ne peuvent être faits qu'en trois « fenêtres » au plus pendant le temps de jeu. Une fenêtre, c'est un arrêt de jeu où l'équipe fait entrer un ou plusieurs remplaçants. La mi-temps, elle, ne compte pas : l'entraîneur peut y modifier son équipe sans consommer d'opportunité.
Concrètement, un coach qui effectue deux changements à la 60e minute, un à la 75e et un à la 85e a épuisé ses trois fenêtres. Il lui reste un remplacement disponible, mais il ne peut plus l'utiliser, sauf pendant une éventuelle prolongation. C'est pourquoi on voit souvent deux ou trois joueurs attendre ensemble au bord du terrain : regrouper les entrées économise une opportunité.
Les changements faits au même moment par les deux équipes comptent pour chacune d'elles. Un remplacement effectué juste avant la reprise du jeu en seconde période est considéré comme fait à la mi-temps, donc sans consommer de fenêtre. Cette précision a son importance tactique, et les staffs la connaissent bien.
Attendre que le ballon sorte ne suffit pas toujours : sur un coup franc direct ou un coup franc indirect, sur un coup de pied de but ou une touche, l'arbitre peut accepter le changement, mais il reste libre de laisser l'action se poursuivre. Le problème se pose surtout en fin de match, quand l'équipe qui mène cherche à casser le rythme. Le quatrième arbitre, qui tient la feuille de match, sert de relais entre le banc et le terrain et note l'heure de chaque entrée : c'est sa feuille qui fait foi en cas de réclamation. Un changement mal comptabilisé est un problème sérieux, car il peut être sanctionné après coup par la commission compétente.
Pourquoi le nombre de remplacements a-t-il changé ?
Pendant des décennies, le football s'est joué sans remplaçant du tout. Un joueur blessé laissait son équipe à dix. Les premiers changements n'ont été autorisés en compétition internationale qu'à partir des années 1960, et la Coupe du monde de la FIFA de 1970 est la première phase finale où ils ont été utilisés, à raison de deux par équipe.
Le nombre a ensuite progressé par étapes : deux remplaçants plus un gardien de but au milieu des années 1990, puis trois changements libres à partir de 1995. Cette règle des trois remplacements a tenu vingt-cinq ans, jusqu'à la saison 2019-2020.
En mai 2020, l'IFAB a autorisé à titre temporaire la règle des cinq remplacements. Le calendrier resserré après l'arrêt lié à la pandémie imposait des matchs tous les trois jours, avec un risque de blessure accru. Les compétitions ont adopté la mesure une à une, puis l'association l'a rendue permanente dans les lois du jeu en 2022. Le rapport de fatigue physique des joueurs de haut niveau, avec des saisons de plus de cinquante rencontres pour certains, a pesé dans cette décision.
Le débat n'a pas été simple. En Premier League, les clubs ont d'abord refusé de prolonger la mesure à la reprise de la saison 2020-2021, avant de l'adopter en 2022, après la Ligue 1, la Serie A, la Liga et la Bundesliga. Dans la presse sportive, les dirigeants des petits clubs, les agents de joueurs et les syndicats de footballeurs n'avaient pas la même lecture : les uns y voyaient un avantage pour les riches effectifs, les autres une protection de la santé des joueurs. Le code de jeu a tranché en faveur de la seconde. Chaque club a ainsi dû revoir la construction de son effectif, en recrutant davantage de joueurs capables d'apporter un vrai impact en sortie de banc.
Remplacements en prolongation : le sixième changement
Quand un match à élimination directe va en prolongation, chaque équipe dispose d'un remplacement supplémentaire, qu'elle ait ou non utilisé tous ses changements pendant le temps réglementaire. Elle obtient aussi une fenêtre supplémentaire pour l'effectuer. Les remplacements non utilisés et les opportunités non consommées dans le temps réglementaire sont reportés sur la prolongation.
Un entraîneur qui arrive à la 90e minute avec trois changements faits en deux fenêtres dispose donc, pour la prolongation, de trois remplacements (deux restants plus le sixième) et de deux fenêtres. La pause entre le temps réglementaire et la prolongation, comme celle qui sépare ses deux périodes, ne compte pas comme une opportunité. On l'a vu en finale de la Coupe du monde 2022 : Argentine et France ont toutes deux utilisé ce sixième changement avant les tirs au but.
Pour la séance de tirs au but, en revanche, seuls les joueurs présents sur le terrain à la fin de la prolongation peuvent tirer. La seule exception concerne le gardien de but : s'il se blesse et ne peut plus jouer, il peut être remplacé par un remplaçant inscrit, à condition que l'équipe n'ait pas épuisé son nombre de remplacements maximum.
Comment se déroule un remplacement sur le terrain ?
La procédure est précise, et l'arbitre est seul juge du moment. L'équipe prévient le quatrième arbitre, qui affiche les numéros sur le panneau lumineux. Le jeu doit être arrêté. Le joueur remplacé quitte le terrain par le point le plus proche de la ligne de touche ou de la ligne de but, sauf si l'arbitre l'autorise à sortir au milieu. Cette précision a été introduite en 2019 pour limiter les sorties au ralenti destinées à gagner du temps.
Le remplaçant n'entre qu'une fois le joueur sorti, et uniquement par la ligne médiane. À ce moment, il devient joueur et celui qui est sorti devient joueur remplacé : il ne peut plus revenir en jeu dans un match officiel de haut niveau. Un remplaçant qui entre sans autorisation expose son équipe à un coup franc indirect et à un carton jaune. Et un joueur expulsé avant le coup d'envoi peut être remplacé par un remplaçant inscrit, alors qu'un joueur exclu en cours de rencontre ne l'est jamais : son équipe continue à dix. Les suites disciplinaires sont détaillées dans notre article sur la suspension qui suit un carton rouge.
Le temps perdu pour les changements est ajouté par l'arbitre à la fin de chaque période. Les consignes récentes demandent de compter environ trente secondes par remplacement, ce qui explique en partie pourquoi les arrêts de jeu se sont allongés. Le mode de calcul est expliqué dans notre page sur le temps additionnel.
Commotion cérébrale : des remplacements permanents à part
Depuis 2021, l'IFAB permet aux compétitions d'adopter un protocole de remplacements permanents pour commotion cérébrale. Chaque équipe dispose alors de deux remplaçants « commotion » au maximum, qui s'ajoutent aux cinq changements ordinaires. Quand une équipe en utilise un, l'équipe adverse reçoit le droit de faire elle aussi un remplacement supplémentaire, pour que la mesure ne devienne pas une arme tactique.
Ces changements ne consomment aucune fenêtre et peuvent intervenir à tout moment, y compris après la dernière opportunité. Le joueur remplacé ne peut pas revenir, même s'il se sent mieux quelques minutes plus tard. La Premier League, la Ligue 1, les compétitions de l'UEFA et la Coupe du monde ont intégré ce protocole. Ce protocole repose sur une idée de protection : en cas de doute sur une commotion, sortir le joueur ne doit rien coûter à son équipe.
La décision revient au médecin du club, pas à l'entraîneur ni au capitaine. Après un choc tête contre tête ou une chute sur le ballon, le médecin examine la personne touchée au bord du terrain ; s'il retient une suspicion de commotion, le joueur quitte le terrain sans retour possible. Une équipe qui ferait un emploi abusif de ce protocole, pour obtenir un changement tactique, commettrait une infraction passible de sanction disciplinaire. Cette évolution historique, née pendant la période du Covid comme la règle des cinq changements, répond à une demande ancienne des médecins du sport.
Le nombre de remplacements selon la compétition
Le plafond de cinq vaut pour le haut niveau, mais chaque règlement ajoute ses propres chiffres, en particulier sur le nombre de joueurs inscrits sur la feuille de match. Le tableau ci-dessous compare les principaux cas, d'après les règlements en vigueur pour la saison 2025-2026.
| Compétition | Remplacements en temps réglementaire | En prolongation | Retour d'un joueur remplacé |
|---|---|---|---|
| Ligue 1, Premier League | 5, en 3 fenêtres | Sans objet en championnat | Non |
| Ligue des champions, Coupe de France | 5, en 3 fenêtres | 1 de plus, 1 fenêtre de plus | Non |
| Coupe du monde, Euro | 5, en 3 fenêtres | 1 de plus, 1 fenêtre de plus | Non |
| Match international amical | Jusqu'à 6, plus sur accord | Rare | Non |
| Football amateur régional et départemental | Fixé par le règlement de la ligue ou du district | Selon la compétition | Souvent oui |
Les remplacements pour commotion cérébrale s'ajoutent dans toutes les compétitions qui ont adopté le protocole.
Et dans le football amateur ?
La loi 3 laisse aux fédérations nationales une marge pour les niveaux inférieurs. En France, la FFF et ses ligues autorisent dans de nombreuses compétitions régionales et départementales les remplacements dits « multiples » : un joueur remplacé peut revenir sur le terrain et redevenir remplaçant ensuite, dans la limite des joueurs inscrits sur la feuille de match. Ce système, proche de celui du football à sept ou du futsal, permet de faire jouer tout l'effectif d'un club amateur et de gérer les blessures sans laisser son équipe en infériorité numérique.
Les règles changent en revanche dès qu'on monte dans les compétitions nationales, où s'appliquent les limites du haut niveau. Chaque saison, les règlements généraux de la FFF et ceux des ligues fixent le détail. Avant un match de coupe ou un premier match dans une nouvelle division, il vaut mieux vérifier le règlement de la compétition : un changement irrégulier peut coûter le match sur tapis vert, même si l'arbitre ne l'a pas relevé sur le moment.
Quel impact les remplacements ont-ils sur le jeu ?
Passer de trois à cinq changements a modifié la façon dont les entraîneurs construisent un match. Deux changements de plus, c'est presque la moitié de l'équipe de champ qui peut être renouvelée. Les staffs l'utilisent pour trois raisons principales :
- Gérer la fatigue : faire souffler les joueurs les plus sollicités sur les postes à fort volume de course, comme les latéraux et les milieux, sans affaiblir l'équipe.
- Changer de plan de jeu : passer d'un bloc bas à un pressing haut, ou lancer des attaquants frais contre une défense usée en fin de rencontre.
- Protéger un joueur averti : sortir un défenseur qui a déjà pris un carton jaune avant qu'un second ne le fasse expulser.
Des analyses de données publiées depuis 2020, notamment par des sociétés de technologie qui équipent les joueurs de capteurs GPS, relèvent que les remplaçants entrés en jeu couvrent en moyenne plus de distance à haute intensité par minute que les titulaires qu'ils remplacent. Les grands effectifs profitent davantage de la règle des cinq remplacements : un club qui aligne des internationaux sur le banc garde le même niveau pendant 90 minutes, avec des joueurs frais pour attaquer les espaces laissés par une défense fatiguée, là où une équipe au budget modeste perd en qualité à chaque changement. C'était l'argument principal des clubs opposés à la mesure en 2020.
La gestion du moment des remplacements est devenue un sujet d'analyse à part entière. Les entraîneurs comme Zinedine Zidane au Real Madrid, qui faisait souvent ses changements tard, ou ceux qui changent dès l'heure de jeu, n'ont pas la même lecture du match. Le cas du gardien reste particulier : on le remplace rarement pour une raison tactique, et les exceptions sont décrites dans notre article sur les règles propres au gardien de but.
Y a-t-il des exceptions aux règles de remplacement ?
Plusieurs cas sortent du schéma général. Le gardien peut être remplacé par n'importe quel joueur de champ déjà sur le terrain, à condition de prévenir l'arbitre et de le faire pendant un arrêt de jeu : ce n'est pas un remplacement, seulement un changement de poste. Un remplaçant peut aussi prendre la place d'un titulaire blessé à l'échauffement, avant le coup d'envoi, sans que cela soit décompté.
Le remplacement pour commotion cérébrale, décrit plus haut, reste la principale exception au plafond. Il existe enfin une règle de bon sens : un joueur remplacé reste soumis à l'autorité de l'arbitre jusqu'à la fin du match. Il peut recevoir un carton jaune ou rouge depuis le banc, et une exclusion d'un joueur remplacé n'a pas d'effet sur le nombre de joueurs de son équipe sur le terrain. Pour tout savoir sur l'actualité et les règles du jeu, la rubrique football du site rassemble nos autres articles.















